mardi 8 juillet 2008

Un dernier souffle dans la nuit

La nuit s'installe lentement dans ma vie. Le silence et ce moment de vérité s'y installent aussi. Les êtres que j'aime s'éloignent de nous fur à mesure que cette nuit s'installe. Mes yeux se ferment. Je me sens si seule. Est ce que je me sens sereine ? Oui, j'essaye de le croire. Les minutes défilent. Quelques heures passent. Mes yeux restent clos et je m'endors un moment dans cette nuit qui m'est destinée. Soudain, la peur s'imprègne en moi. L'angoisse pénètre dans ma tête. Je sens à l'intérieur de mon être quelque chose qui meurt. Mes yeux restent toujours clos. Je me sens si lasse et si seule... J'entends un sanglot si lointain. J'ouvre les yeux et je regarde autour de moi. J'aperçois à quelques mètres de moi un lit avec de si vilains barreaux. A l'intérieur un enfant. Je me lève, me dirige vers lui, le regarde. Il me lance son regard noir rempli de désarroi. Une larme perle encore au coin de ses yeux. Puis il me sourit et me tends ses petits bras. Maintenant je comprends que je ne suis plus seule mais unis tous les deux dans cette nuit. Il se blottit dans mes bras et je sais que personne ne viendra nous aider car même moi je ne peux plus rien pour lui. Ses yeux remplies de pureté et d'innocence se fermeront. Sa beauté s'éteint à la rosée du petit matin. Il s'envolera avec le chant du coq vers l'éternité. Le temps passe et je reste si impuissante. Et si les mots mentaient pour une fois. Si les hommes en blanc ont fait un mauvais diagnostique... Le petit matin arrive comme l'importun que l'on ne veut surtout pas voir arriver. Là, blotti dans mes bras, un enfant à qui j'ai donné la vie s'en va. Je l'embrasse et le berce doucement. Il respire lentement. J'espère qu'il ne souffre pas. Un sourire s'est dessiné sur ses lèvres. Nous étions unis si unis comme une petite chaîne ou malheureusement il manquait un maillon. Je ferme les yeux, l'enfant toujours blotti dans mes bras. Il s'endort doucement. Soudain le silence... je le regarde. Il sourit, ses grands yeux ouverts vers le grand voyage. Je lui ferme ses petits yeux. Je sais que son coeur ne bat plus. Je me lève le portant dans mon coeur, l'embrasse et le dépose dans ce lit. Une larme coule le long de ma joue. Mes yeux ne peuvent se détacher de ce petit corps sans vie. Il a l'air si calme, si serein. Ce petit sourire efface ce masque de douleur qui l'avait pour visage. Le soleil brille timidement sur la ville. Quelques rayons voilés de tristesse pénètrent dans cette chambre. Je vais vers la fenêtre. Mes pensées s'envolent pour essayer de le rejoindre. J'attends. Des souvenirs tourbillonnent et une mélodie me revient en mémoire. Bien sûr tout ne fut pas facile, il y a même eu quelques orages. Mille fois j'ai hurlé, j'ai douté et j'ai pris mes bagages mais je suis toujours revenue. Mais toi une seul fois tu as pris ce vol pour l'éternité. Je regarde autour de moi. Jamais je ne pourrai oublier cette chambre, ces meubles sans vie si anodins n'appartenant à personne juste au temps présent. Je m'assois sur la chaise et lui tiens sa petite main. Je n'ai appelé personne. Le sablier du temps laisse tomber le sable à l'infini et s'écoulent ainsi les heures qui pour moi semble arrêter. Puis lentement je ressens comme un appel. J'ouvre les yeux. L'enfant est là, reposé. Je me lève retourne vers la fenêtre et l'ouvre. la ville s'endort. Les arbres perdent leurs feuilles. Quelques étoiles commencent à briller dans le ciel, miroir de l'infini accompagné du halo de la lune, reine de la nuit. Une nouvelle étoile scintille comme pour me dire : ne t'en fais pas tout va bien.

Aucun commentaire: